
« Qui n’a pas couru après une malle égarée, manqué une correspondance, perdu du temps à attendre, éprouvé enfin quelque désagrément en suivant une ligne mixte composée de tronçons de routes et de rivières navigables ? »
Pour éviter ce désagrément, l’ingénieur et entrepreneur des chemins de fer Jean-Claude-Républicain Arnoux installe une solution de transbordement des diligences sur des wagons de train. Elle est testée à partir de 1843 sur la ligne de chemin de fer Paris-Orléans, autant pour les voyageurs et leurs bagages que pour les diligences du service des postes.
« Toute l’opération se fait en moins de temps qu’il n’en faut pour la décrire. Les voyageurs ne quittent pas leur voiture. Ils ne courent aucun danger, puisqu’ils sont suspendus à quelques décimètres au-dessus du train ; d’ailleurs, la force des chaînes de suspension ne laisse aucune chance de rupture. C’est la décomposition de la diligence en deux parties, caisse et train, dans l’ensemble des moyens mécaniques employés pour l’opérer et pour la recomposer le véhicule complet, enfin dans la forme particulière donnée au truck, que consiste la solution de M.Arnoux. cette forme est telle, que la caisse, étant placée très bas, n’offre plus que peu de prise à l’air, et est douée de la plus grande stabilité, ainsi, les voyageurs sont assis dans les diligences sur chemins de fer à 30 centimètres plus bas que dans les voitures du chemin lui-même. Ils y sont aussi plus doucement portés, parce que les ressorts de la caisse y restant fixés, celle-ci se trouve d’une munie d’une double suspension très propre à adoucir les secousses. Arrivée à Orléans, les voitures sont soumises à une manœuvre inverse. Les voyageurs ne les quittent pas plus qu’ils ne l’ont fait au départ de Paris, de sorte que sans aucun transbordement appréciable pour eux, ils poursuivent rapidement leur course vers leur destination, avec la même voiture, sans se séparer de leurs bagages. »
On peut qualifier ce système, d’ancêtre du ferroutage et de l’intermodalité.
Vous pouvez lire un article d’époque sur ce système dans l’Illustration : journal universel

