
Dans le roman Kirikijin, Hisashi Inoue imagine une région de Tohoku utilisant l’énergie thermique des sols. L’abondance y est telle que l‘électricité et l’eau chaude y sont gratuites. Sous les pieds des Japonais, il y a la troisième réserve géothermique mondiale. Les sources chaudes sont, selon les archéologues, utilisées depuis plus de 3000 ans pour leurs vertus curatives. Si bien que le onsens, bain thermal japonais, est l’un des piliers de la culture nippone.
Les premiers essais de la technologie de production d’électricité géothermique démarrent en Italie en 1904. En 1919, le directeur général de la marine japonaise Mansuji Yamauchi, préoccupé par la question de la finitude des réserves de ressources fossiles, lance une étude visant à évaluer le potentiel géothermal de Beppu pour produire de l’électricité. En 1925, un générateur géothermique expérimental y est construit, sa capacité de production est de 1,12 KW… Quant à la centrale de Matsukawa, mise en service en 1966, sa capacité de production est de 9,5 MW.
De nos jours, on compte au Japon 18 centrales géothermiques ainsi que de nombreuses micro-installations dont l’installation a été stimulée par des tarifs préférentiels de rachat d’électricité. Pour un potentiel estimé à 23 GW, environ 535 MW de capacité sont installés, dont 500 MW depuis 1996. Toutefois, seulement 0,2 % de l’électricité consommée au Japon provient de la géothermie. L’objectif pour 2030 est d’augmenter cette part à 1 % dans le cadre d’un mix énergétique reposant sur 25 % d’énergies renouvelables.
Parmi les principaux freins au développement de cette énergie, on peut citer l’industrie du spa. Elle occupe les emplacements de production géothermique potentiels. Un autre frein est l’emplacement des gisements, souvent situés dans des parcs nationaux. Toutefois en 2015, la centrale de Tsuchiyu est inaugurée. Celle-ci coexiste avec un spa et se situe dans un parc national de la région de Fukushima. C’est un bel exemple de la volonté d’une nouvelle politique énergétique pour le pays.
Pour aller plus loin :
Un article en anglais de japan times
Une étude de cas en anglais sur les sources chaudes au Japon

