Une conversation « entre deux lumières »

Paléo-énergétique : une conversation « entre deux lumières »

Cette caricature « Entre dos luces » de Tovar est parue dans La Voz, un journal de Madrid publié entre 1920 et la guerre civile espagnole.
Dans le dialogue, la Lumière électrique affirme sa supériorité et représenter le progrès. La lampe à huile lui rétorque qu’elle est le progrès… mais celui des dépenses pour s’éclairer ! Elle se rend ainsi ridicule aux yeux du lecteur.
La représentation des technologies porte une forte dimension symbolique à ne pas négliger. Le choix de personnages anthropomorphiques pour représenter les deux technologies incite le lecteur à s’y identifier. L’ampoule électrique est distinctement un homme urbain alors que la lampe à pétrole une femme rurale, reconnaissable par ses sabots. L’efficience de l’éclairage électrique, aux dépens de la lampe à huile, est représentée par un jeu d’ombres et de traits. La plus grande sûreté des ampoules, par les gouttes qui fuient de la bouteille de combustible et du bec de la lampe. Enfin, la nuisance olfactive du système pétrole est rendue visible grâce à la fumée.
Cette illustration témoigne de deux choses : une technologie en éclipsant une autre, à cause de sa meilleure compétitivité socio-économique ; la dimension socioculturelle des choix énergétiques.